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Victimes de violences et psychotraumatisme en bref

Les violences peuvent être multiples : verbales, psychologiques, physiques, matérielles, sexuelles. Certaines laissent des traces et des souvenirs. Parfois ces souvenirs sont cachés dans la mémoire, ils sont enfouis. Un peu comme si nous avions une petite boîte noire dans notre tête dans laquelle se trouvaient les souvenirs que notre cerveau ne sait pas ranger, ou qu’il tient à distance de notre quotidienneté pour nous protéger. Une chose est certaine, les souvenirs sont bien présents.

Parfois ces souvenirs nous torturent, ils font irruption à n’importe quel moment de la journée, ou de la nuit. Un bruit, une odeur, un mot peuvent provoquer la reviviscence c’est-à-dire, revivre le souvenir. 

Parfois ce sont des petites émotions qui nous assaillent sans savoir pourquoi. La culpabilité, la peur, la colère. Il n’y a aucune raison pour que nous les ressentions, là, immédiatement. Et pourtant, elles nous envahissent et créent en nous, un mal-être soudain. Nous devenons triste, ou irritable. Nous n’avons plus envie de poursuivre l’activité entamée. Une lassitude nous envahit.

Parfois nous sommes spectateurs de ces souvenirs. Un peu comme s’ils ne nous appartenaient pas. On les regarde, comme un film qui passe dans notre tête. On se voit être le personnage principal, mais on ne se ressent pas en être l’acteur. On est comme coupé de nos émotions, anesthésié, "à côté".

Ces différents ressentis doivent être amenés à disparaître en quelques semaines. Mais ce n'est pas toujours le cas. C'est alors que les troubles peuvent s'aggraver.

Les conséquences psychotraumatiques liées aux violences reçues peuvent être dévastatrices sur notre santé mentale, sur notre santé physique, sur notre relation aux autres, sur notre confiance en soi … Il est important de connaître et d'identifier les symptômes du psychotraumatisme et de se faire accompagner. 

Le psychotraumatisme en quelques maux

Le psychotraumatisme est l’ensemble des troubles psychiques qui se construisent à la suite d’un événement unique ou récurrent, vécu par la personne comme agressant ou violent. Ces troubles peuvent se chroniciser sans prise en charge. 

Le cerveau déclenche des mécanismes de protection lorsqu'il est soumis à ce type d'événement. Les mécanismes sont psychiques et neurobiologiques. Ce qui signifie que nous sommes tous concernés. 

Attention !!! Etre témoin d'une situation qui menace la vie ou l'intégrité physique d'une personne déclenche des fonctionnements similaires. C'est le cas des enfants témoins directs ou indirects de violences conjugales.

Et si c'était du psychotrauma ...

"Le traumatisme fait partie de la vie, mais ne doit pas être une condamnation à vie" 
dans l'ouvrage Réveiller le tigre de Peter A. Levine

Les violences peuvent être multiples : verbales, psychologiques, physiques, matérielles, sexuelles. Certaines laissent des traces et des souvenirs. Parfois ces souvenirs sont cachés dans la mémoire, ils sont enfouis. Un peu comme si nous avions une petite boîte noire dans notre tête dans laquelle se trouvaient les souvenirs que notre cerveau ne sait pas ranger, ou qu'il tient à distance de notre quotidienneté pour nous protéger. Une chose est certaine, les souvenirs sont bien présents.

Parfois ces souvenirs nous torturent, ils font irruption à n'importe quel moment de la journée, ou de la nuit. Un bruit, une odeur, un mot peuvent provoquer la reviviscence c'est-à-dire, revivre le souvenir.

Parfois ce sont des petites émotions qui nous assaillent sans savoir pourquoi. Elles sont intrusives et incontrôlables. Je les nomme les émotions orphelines. J'en compte quatre principales, la tristesse, la colère, la honte, la culpabilité. Il n'y a aucune raison pour que nous les ressentions, là, immédiatement. Et pourtant, elles nous envahissent et créent en nous, un mal-être soudain. Nous devenons triste, ou irritable. Nous n'avons plus envie de poursuivre l'activité entamée. Une lassitude nous envahit, un mal-être ou un sentiment malaisant. Parfois c'est un mot, ou un regard qui déclenche une activation de notre corps, une agitation, une crispation ou à l'inverse, nous restons figé, sans un mot, des battements du cœur qui ralentissent, une sensation de froid, des tremblements.

Il peut arriver que nous devenions spectateurs de ces souvenirs. Un peu comme s'ils ne nous appartenaient pas. On les regarde, comme un film qui passe dans notre tête. On se voit être le personnage principal, mais on ne se ressent pas en être l'acteur. On est comme coupé de nos émotions, anesthésié, "à côté".

Ces différents ressentis doivent être amenés à disparaître en quelques semaines. Mais ce n'est pas toujours le cas. C'est alors que les troubles peuvent s'aggraver.

Les conséquences psychotraumatiques liées aux violences reçues peuvent être dévastatrices sur notre santé mentale, sur notre santé physique, sur notre relation aux autres, sur notre confiance en soi … Il est important de connaître et d'identifier les symptômes du psychotraumatisme et de se faire accompagner.

Les principaux symptômes que l'on retrouve dans le stress post-traumatique sont, les symptômes d'intrusion que l'on peut comprendre comme ces morceaux d'événement qui reviennent de manière répétées sans que la personne le souhaite, ni le contrôle. Nous pourrons parler de flash-back. Il existe également les symptômes d'évitement, que l'on peut définir comme ces mécanismes de mise à distance de souvenirs, de lieux, de personne. Pour illustrer, si une personne a subi une agression dans un parking souterrain, cette dernière s'organisera pour ne pas retourner dans un espace souterrain, confiné, peu éclairé. Ce procédé d'évitement n'est pas toujours conscientisé par la victime. D'autant si l'agression a eu lieu dans l'enfance, ou que la victime souffre d'une mémoire dissociative. Ces mécanismes deviennent intégrés à un fonctionnement personnel.

Les mécanismes qui conduisent la victime à ressentir ces émotions orphelines sont ceux qui opèrent au moment de la confrontation de la personne à l'événement terrifiant. La conséquence dans l'avenir immédiat pour la victime est le sentiment d'être submergée par des émotions contradictoires. Puis, sans accompagnement, la personne est susceptible de souffrir d'une forme de labilité émotionnelle, le fait de passer d'une émotion à une autre, créant une instabilité dans la relation aux autres et à soi.

Et que se passe t-il au niveau du cerveau et dans notre corps au moment de l'événement violent? L'amygdale, située au cœur du cerveau, donne le signal d'alarme pour indiquer qu'il faut activer le système d'urgence. Elle est celle qui réceptionne tous les états émotionnels. Certains la nomme "la tour de contrôle". Une sécrétion de cortisol et d'adrénaline augmente afin d'apporter une réponse à la situation de danger qui se décline en deux types d'action, le combat ou la fuite (l'évitement). Le rythme cardiaque augmente, le sucre augmente dans le sang, la tension artérielle également. A ce moment, nous activons la voie courte du cerveau. Les accès aux apprentissages, à l'attention, la planification et les autres fonctions non utiles à la réponse d'urgence sont bloquées. L'hippocampe a son rôle dans la mémoire et il intègre les souvenirs une fois ceux-ci traités. Le cortex régule les émotions et il aide à adopter une réponse ajustée à la situation. Or, lorsque la situation atteint un danger extrême pour la personne, l'hippocampe et le cortex sont incapables de se représenter l'événement. Le traitement ne peut pas se réaliser correctement. L'amygdale quant à elle se déconnecte afin d'abaisser le niveau des hormones de stress qui deviendraient toxiques pour l'organisme.

Les conséquences sont l'anesthésie émotionnelle et physique de la personne au moment de la déconnexion de l'amygdale. Une coupure avec l'hippocampe et le cortex s'opère. La personne ne peut plus contextualiser ses souvenirs et ils sont fragmentés, à l'image de petits morceaux de mosaïques mélangés. La réponse émotionnelle est coincée et elle peut envahir la victime par des symptômes de phobie et de labilité émotionnelle. La peur étant l'émotion au premier plan. C'est ce que l'on appelle, la mémoire traumatique, avec l'irruption de flash-backs et de troubles de l'humeur. Pour finir, la déconnexion de l'amygdale avec le cortex va modifier la perception de la victime qui va se sentir "à côté", étrangère, sentiment que les choses ne lui se sont pas vraiment arrivées. C'est ce que l'on appellera la mémoire dissociative.

 

Pour reprendre les mots de Peter A. Levine dans son écrit "Réveiller le tigre", "le traumatisme fait partie de la vie, mais ne doit pas être une condamnation à vie". Même si les souvenirs resteront toujours inscrits en la personne, le traumatisme se traite et il est possible d'en sortir.

 

 

©Copyright2026 Isabelle Meignier-Lacoste Psychologue - Tous droits réservés.

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